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Coopération Russie/soudan: Entre la Poutine et al-Bachir, début d’une histoire d’amour ?

En début de semaine, le ministre de l’Energie soudanais s’est rendu à Moscou pour signer une «feuille de route» visant à renforcer la coopération nucléaire entre les deux pays. Coïncidence ou synchronisation parfaite? Le jour même, le gouvernement soudanais annonçait «l’ouverture de la porte» aux investissements dans l’uranium, dont Khartoum possède la troisième plus grande réserve du monde.

Vladimir Poutine a franchi au Soudan un nouveau pas dans sa volonté de reconquête du continent africain. Il vient de renforcer ses liens stratégiques avec Khartoum, en dépit du mandat d’arrêt lancé par la Cour pénale internationale contre le président Omar al-Bachir, pour crimes de guerre au Darfour et crimes contre l’humanité.

Une série de protocoles d’accord dans le domaine nucléaire

L’agence officielle de presse soudanaise SUNA a en effet annoncé le 12 mars 2018 que le ministre des Ressources hydrauliques, de l’irrigation et de l’électricité s’était rendu à Moscou pour signer une série de protocoles d’accord dans le domaine de l’énergie nucléaire.

A la tête d’une délégation de haut niveau, dont le directeur général de la section atomique du ministère, Moutaz Moussa devait rencontrer le chef du géant nucléaire russe Rosatom pour établir une feuille de route concernant l’utilisation du nucléaire civil.

Après un premier accord signé en juillet 2017, la Russie en avait passé un deuxième au mois de décembre, un mois après la rencontre entre les présidents Poutine et al-Bachir à Sotchi, portant sur la construction d’une grande centrale nucléaire au Soudan.

 «Le développement de la technologie nucléaire permettra au Soudan de faire face à son problème de sécurité énergétique. Il s’agit d’un projet stratégique qui déterminera la nature des relations entre nos deux pays pendant longtemps», s’était alors félicité Rosatom.

Outre ce projet encore en phase de conception et qui devrait voir le jour d’ici 8 ans, sous la surveillance de l’AIEA, il s’agit également de moderniser l’existant. A savoir la transformation de la station flottante du port de Bachayer sur le Nil. D’une modeste capacité de 150 mégawatts, cette centrale devra à l’avenir utiliser l’énergie nucléaire.

Khartoum ouvre la porte aux investissements dans l’uranium

Le jour même de la visite du ministre soudanais à Moscou, le ministre soudanais du Commerce, Hatim Al-Sir, annonçait que le Soudan avait décidé «d’ouvrir la porte aux investissements dans l’uranium après consultation des autorités de sécurité», en présence du chef de l’Etat, Omar al-Béchir.

Selon plusieurs responsables soudanais cités par RFI, la Russie aura la priorité de l’investissement dans ce secteur. D’ailleurs, les sociétés russes sont déjà bien implantées dans le domaine de l’énergie soudanaise.  «La Russie travaille avec nous pour dresser une carte des mines d’uranium et de métaux», a indiqué le directeur général de la compagnie d’études géologiques au Soudan. Une nécessité pour un pays qui abrite la troisième plus grande réserve d’uranium au monde.

Une richesse essentiellement concentrée dans la région du Darfour à l’ouest, dans les montagnes de Nubie au nord-est et à Kordofan au centre du pays. Des régions en état de guerre constant depuis des années.

Raison pour laquelle al-Bachir cherche à renforcer son alliance stratégique avec Moscou. Malgré la levée, en octobre 2017, de l’embargo américain imposé au Soudan durant 20 ans, le président soudanais continue de dénoncer l’ingérence de Washington dans la région.

En novembre 2017, lors de sa visite à Moscou, il avait demandé clairement à Moscou la protection de son pays face à Washington. En échange, al-Bachir s’était proposé d’être la «clé de la Russie en Afrique».

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